Les passages de Vénus devant le Soleil
Les orbites de Vénus et de la Terre ne sont pas situées exactement dans le même plan, mais font entre elles un angle de 3° 24'
Même s'il est faible, cet angle suffit pour que Vénus ne passe pas devant le Soleil
lors de chaque conjonctions
inférieures. Les passages n'ont lieu que lorsque les deux planètes
sont proches de la ligne d'intersection des deux plans, au moment de la conjonction
inférieure, soit début juin ou début décembre.
Conjonction inférieure du 30 mars 2001 |
Vue en perspective : |
Vénus passe au dessus du Soleil voir la forme du croissant dans les phases de Vénus |
Conjonction inférieure du 8 juin 2004 |
Vue en perspective : |
Vénus passe devant le Soleil : |
Passage de Vénus du 8 juin 2004 vu d'heure en heure entre 5 h et 12 h (temps universel) |
Les passages de Vénus se renouvellent suivant le cycle : 8 ans - 121,5 ans - 8 ans - 105,5 ans etc. Celui du 6 juin 2012 ne sera pas visible depuis l'Europe, car il aura lieu pendant la nuit.
En 1716, Edmond Halley propose d'utiliser le temps de passage de Vénus devant le Soleil pour calculer la distance de la Terre au Soleil. Les passages de 1761 et 1769 furent donc attendus avec impatience.
L'astronome français Le Gentil de La Galaisière s'embarque en 1760 pour les Indes afin d'observer le passage du 6 juin 1761. Mais du fait de la guerre maritime qui oppose alors la France à l'Angleterre, il ne peut toucher terre à temps. Il décide alors de rester à Pondichéry pendant huit ans, pour attendre le passage du 3 juin 1769 et établit un observatoire sur place. Lorsque arrive enfin la date attendue, le ciel, parfaitement dégagé les jours précédents, se couvre contre toute attente et le Soleil reste obstinément caché pendant toute la durée du passage de Vénus. Le Gentil tombe ensuite malade et cesse de donner de ses nouvelles. Lorsqu'il rentre enfin en France, en 1771, c'est pour apprendre que, considéré comme mort, il a été remplacé à l'Académie des sciences et que ses biens ont été dispersés !
Extrait de "Astronomie" de Philippe de La Cotardière. (Larousse)